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Droit du Travail
par Arnaud Rimbert

Convention collective FEHAP - Quid de la prime d'ancienneté


La prime d’ancienneté prévue par la Convention Collective Nationale du 31 octobre 1951 des établissements privés d’hospitalisation, de soins, de cure et de garde à but non lucratif se calcule au regard des années de présence du salarié dans l’entreprise et non en fonction des anciennes grilles indiciaires.

 

L’avenant n°2002-02 à la Convention Collective Nationale du 31 octobre 1951 des établissements privés d’hospitalisation, de soins, de cure et de garde à but non lucratif a notamment réformé le système de rémunération des salariés relevant de son champ d’application.

 

Les grilles indiciaires ont été remplacées par des coefficients et une prime d’ancienneté de 1 % par an, par année de service effectif ou assimilé ou validé, dans la limite de 30 %, a été instituée.

 

Dans ce contexte, quatre salariées de l’association Partage solidarité accueil ont saisi la juridiction prud’homale aux fins de contester les modalités de reclassement appliquées par leur l’employeur lors du changement du système de rémunération et réclamer un rappel de prime d’ancienneté.

 

Elles considéraient que pour mettre en place le nouveau système de rémunération, leur employeur n’avait pas procédé à la reconstitution de leur carrière depuis leur entrée au sein de l’association mais les avait reclassées sur la base de leur situation réelle au 1er juillet 2003.

 

L’association, invoquant l’avenant n°2009-01 portant mise à jour de la Convention Collective Nationale des établissements privés d’hospitalisation, de soins, de cure et de garde à but non lucratif, considérait, pour sa part, que l’ancienneté servant de base au calcul de la prime se calculait en tenant compte de la durée passée dans chacun des échelons successifs gravis par les salariés sous l’empire de l’ancien système.

 

L’association considérait que l’avenant n°2009-01 signé par l’ensemble des parties signataires de l’avenant n° 2002-02 avait un caractère interprétatif dans la mesure où il visait à préciser le sens du texte issu de l’accord n°2002-02 et que, par conséquent, il s’imposait au juge.

 

Enfin, l’Association mettait en avant le fait que prendre en compte l’ancienneté des salariés en fonction des années de présence dans l’entreprise revenait à comptabiliser deux fois l’ancienneté des salariés, celle-ci ayant déjà été intégrée au moment du reclassement.
La Cour de cassation, dans un arrêt rendu le 29 janvier 2014, a rejeté les arguments de l’Association et a ainsi confirmé le raisonnement des juges du fond.

 

Elle a considéré que « la durée de l’ancienneté à prendre en compte pour le calcul de cette prime correspond à la totalité des services effectifs accomplis par le salarié dans l’entreprise ; que l’avenant n° 2009-01 du 3 avril 2009, qui ne remet pas en cause la notion d’ancienneté telle que définie par l’avenant de 2002, en se bornant à y renvoyer, pour les personnels présents à la date d’application de cet avenant, n’a pas valeur d’avenant interprétatif ».

 

Par cet arrêt, la Haute Juridiction ne fait que confirmer sa position qu’elle avait déjà eu l’occasion de faire connaitre à plusieurs reprises, et ce malgré l’avis contraire du Comité de suivi de l’avenant n° 2002-02 rendu le 19 mai 2004. (Cass. soc. 16 mars 2011, n° 10-10.634 ; Cass. soc. 10 mars 2010, n° 08-44.964 ; Cass. soc. 11 juillet 2007, n° 06-42.508).

 

En effet, le Comité de suivi avait clairement précisé que « le pourcentage d’ancienneté dont bénéficient les salariés au moment du reclassement est déterminé par leur position sur la grille qu’ils occupent au 30 juin 2003. Cette ancienneté résulte donc de l’addition de la durée de tous les échelons, du 1er échelon jusqu’à l’échelon occupé par le salarié au 30 juin 2003. »

La Cour de cassation est ainsi clairement allée à l’encontre de la volonté des parties signataires de l’avenant.



Arnaud Rimbert

Avocat associé, Bordeaux

Avocat expérimenté, j'accompagne les chefs d'entreprise au quotidien pour les aider à faire face à leurs problématiques courantes concernant la gestion de leur personnel au sens large. Disponible, réactif, compétent et souriant, j'aime mon métier et l'exerce avec plaisir.

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