À RETENIR : Le 13 octobre 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, par 503 voix pour, aucun contre et 67 abstentions, la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants. Le texte doit être examiné par le Sénat en janvier. Il n’est pas encore applicable : aucune des obligations décrites ci-dessous ne s’impose à ce stade aux employeurs.
Un texte transversal dont le volet travail est substantiel
Déposée le 11 août 2026, la proposition de loi comptait initialement 69 articles et en compte désormais plus de 110, au terme d’un examen en séance du 1er au 13 octobre 2026. Elle traite les violences sexuelles et sexistes dans l’ensemble de leurs dimensions : justice, police, santé, protection de l’enfance, éducation et monde du travail.
Pour les entreprises employeur, l’apport principal tient dans l’encadrement légal de la réponse à un signalement. Le droit positif impose déjà à l’employeur de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir les faits de harcèlement sexuel, y mettre un terme et les sanctionner (C. trav., art. L. 1153-5), et protège les salariés qui les subissent ou en témoignent contre toute mesure discriminatoire (C. trav., art. L. 1153-2).
La réalisation d’une enquête interne n’est pas aujourd’hui imposée par un texte. Le projet adopté en ferait une obligation détaillée.
Les principales mesures intéressant les employeurs
Le parcours de traitement d’un signalement, tel qu’il ressort du texte
Recommandations pratiques
Sans attendre l’issue de la navette parlementaire, les employeurs peuvent d’ores et déjà sécuriser leurs pratiques.
Il est recommandé de :
- cartographier les circuits d’alerte existants (direction, ressources humaines, référent, représentants du personnel, service de prévention et de santé au travail),
- de s’assurer de la traçabilité de chaque étape, de prévoir une trame de compte rendu d’audition et de rapport,
- et d’identifier un enquêteur extérieur pour les situations où la proximité avec les personnes concernées compromettrait l’impartialité.
La mise à jour du document unique d’évaluation des risques professionnels et du règlement intérieur pourra être préparée en parallèle.
Il convient enfin de rester prudent sur le contenu définitif du texte.
Au 14 octobre, le texte adopté n’était pas encore publié sous sa forme consolidée sur le site de l’Assemblée nationale, et la présente analyse repose sur le texte de la commission spéciale, sur les amendements adoptés en séance et sur la presse spécialisée. Le Sénat pourra modifier chacune des dispositions présentées. Une vérification sur le texte adopté s’imposera avant toute diffusion à un client.
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Sources
Assemblée nationale, adoption en première lecture le 13 octobre 2026 : assemblee-nationale.fr
Assemblée nationale, proposition de loi n° 3106 : texte déposé ; texte adopté T.A. n° 356 (publication consolidée en attente) : assemblee-nationale.fr
