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Droit du Travail
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par Alexandra De Vasconcelos

Retour au travail obligatoire et fin du télétravail : comment faire renaître la culture de l’entreprise ?


Le télétravail à 100 % n’est plus obligatoire depuis le mois de juin 2021.

Le Protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de covid-19 a en effet mis fin au télétravail obligatoire en ce qu’il n’impose plus un nombre minimal de jours de télétravail par semaine.

Le Protocole sanitaire recommande simplement de déterminer par le biais du dialogue social les modalités de recours au télétravail :

« les employeurs fixent dans le cadre du dialogue social de proximité, les modalités de recours à ce mode d’organisation du travail en veillant au maintien des liens au sein du collectif de travail et à la prévention des risques liés à l’isolement des salariés en télétravail » (cf. page 5 du protocole dans sa version en vigueur au 10 septembre 2021).

Dans ce cadre, les entreprises ont donc sonné l’heure de la reprise du travail en présentiel et demandé à leurs salariés de revenir au bureau.

En réaction, certains salariés ont fait connaitre leur réticence, préférant poursuivre leur activité à distance.

Bien que les employeurs puissent imposer la fin du télétravail et enjoindre à leurs salariés de revenir au bureau, il est possible de s’interroger sur la manière de faire renaître la culture de l’entreprise pour que les salariés aient envie de revenir dans les locaux professionnels.

Afin d’identifier les mécanismes incitatifs pouvant être mis en place, les employeurs peuvent analyser les réticences des salariés quant au retour en présentiel.

L’idée consiste à identifier et comprendre les attentes des salariés, en les sondant, pour qu’ils adhèrent au retour physique.

Dans cette démarche, les employeurs ne doivent pas perdre de vue que les objectifs suivants doivent se combiner :

  • assurer le lien et la cohésion sociale (la culture de l’entreprise),
  • tendre au bien-être professionnel des salariés et assurer leur santé et leur sécurité,
  • garantir la productivité,
  • répondre aux objectifs financiers de l’entreprise.

A ce jour, plusieurs mesures peuvent être envisagées – étant précisé qu’il s’agit d’exemples parmi tant d’autres.

  • Repenser l’espace de travail comme un lieu de travail accueillant, productif et source de lien social

Dès la reprise du travail physique, les employeurs peuvent organiser des moments de convivialité, autour par exemple d’un petit-déjeuner, lors d’un séminaire ou de « team building ».

Ils pourraient également réaménager les espaces de travail en mettant à disposition des salariés le matériel nécessaire pour travailler confortablement (plus qu’à leur domicile) et dans un environnement propice à la concentration.

A titre d’illustrations, les salariés pourraient apprécier qu’il soit mis à leur disposition du matériel plus ergonomique (bureau, chaise, double écran) et des casques anti-bruit.

Il est important de garder à l’esprit que certains salariés, notamment ceux placés dans des espaces de travail partagés souffrent des nuisances sonores.

De la même manière, les employeurs pourraient repenser les espaces collaboratifs pour que les salariés apprécient de travailler en équipe dans les locaux plutôt qu’en utilisant les outils de communication internes.

Des espaces privatifs au sein desquelles les salariés pourraient téléphoner et participer à des réunions pourraient être multipliés afin de réduire les nuisances sonores.

Dans la même logique, les employeurs pourraient tenter de décharger les salariés de leurs contraintes domestiques.

Certains salariés ont apprécié travailler depuis leur domicile pour évacuer certaines de leurs tâches quotidiennes. Des services, comme la livraison de course, l’acheminement de colis, le pressing ou encore le coiffeur, pourraient être instaurés afin de réduire la « charge mentale » des salariés.

  • Développer la pratique sportive des salariés dans l’entreprise

Les employeurs pourraient tenter de promouvoir le sport au sein de l’entreprise pour que les salariés puissent pratiquer une activité physique directement sur leur lieu de travail.

Une telle mesure se réfléchit sérieusement puisqu’elle est source de bénéfices multiples.

Du côté salarié, la pratique du sport permet de lutter contre l’isolement et la sédentarité. Il s’agit d’une réelle source de bienfait pour la santé.

Du côté employeur, le sport en entreprise permet de renforcer le lien social, de rendre l’entreprise plus attractive et de bénéficier d’exonération de charges et de contributions sociales.

Les employeurs peuvent ainsi sérieusement envisager de :

  • mettre à disposition des équipements sportifs (salle de sport appartenant ou louée par l’entreprise, souscription d’un accès collectif à une infrastructure de sport, organisation de cours de sport dans un de ces espaces, mise à disposition de matériel sportif, de vestiaires et de douches) ;
  • financer des prestations sportives (tels que des cours collectifs d’activités physiques et sportives ou des événements ou compétitions de nature sportive).

Il est important d’avoir à l’esprit que l’exonération sociale suppose de remplir certaines conditions. En effet la pratique sportive doit être organisée par l’employeur dans le cadre de l’entreprise et à destination de l’ensemble des salariés, sans restriction.

De plus, l’exonération sociale peut être totale ou plafonnée selon les moyens mis en place par l’employeur.

 

  • Faciliter les déplacements entre le domicile et le lieu de travail

Certains salariés ne souhaitent pas retrouver le chemin du bureau en raison de la perte de temps et de la fatigue occasionnée par les transports.

Les employeurs pourraient donc proposer aux salariés d’utiliser différents moyens de transport et de prendre en charge une partie, parfois non-négligeable, des frais afférents.

Pour se faire, les employeurs pourraient mettre en place le dispositif de « forfait mobilité durable » prévu à l’article L. 3261-3-1 du code du travail.

Les salariés apprécieront de diversifier leurs modes de transport et les employeurs profiterons des exonérations de cotisations sociales prévues et, qui depuis la Loi Climat, ont été augmentées.

 

Les employeurs, les salariés et les représentants du personnel sont ainsi amenés à faire preuve de créativité en la matière pour faire converger leurs intérêts et repenser le monde du travail de demain.

 

Pour aller plus loin :

Qualité de vie au travail : quid de la pratique du sport dans l’entreprise ?

La nouvelle négociation sur la qualité de vie au travail (QVT) : plus qu’une obligation, une opportunité à saisir

 

 

Le Cabinet Ellipse Avocats se tient à votre disposition pour vous accompagner dans la mise en place de vos projets.



Alexandra De Vasconcelos

Avocat, Paris

Après son stage final au sein du Cabinet CMS Francis Lefebvre Avocats, elle intègre le Cabinet CAPSTAN Avocats en 2019 puis rejoint le cabinet Ellipse Avocats Paris en 2020.

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